Seconde Guerre Mondiale

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 Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)

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Gennaro Larusso
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MessageSujet: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Mer 29 Juil - 18:44

Nave di guerra Sant'Angelo
28 Octobre 1940 - 7h45 du matin


Nous sommes partis de Bari, il y a maintenant trois jours...Trois navires de transport armés, escortés par deux cuirassés et deux contre-torpilleurs. Un de nos pétroliers, parti d'Albanie, a pu nous ravitailler en pleine nuit, de peur que la chasse Britannique ne nous tombe dessus. Faut-il que même dans notre "Mare Nostrum" comme le dit le Duce, nous ne nous sentions pas en sécurité ?

"Nous ne ferons qu'une bouchée des Britanniques et des Français, nous aussi, nous aurons notre Empire !"
Je revois l'homme bedonnant, le crâne rasé pour cacher sa calvitie durant les bandes d'actualité, juste avant la séance du film. Il fallait que ces abrutis du Parti nous interdise ces bons westerns et surtout Charlie Chaplin, sous prétexte que rire des facéties du comédien Américain étaient anti-patriotiques...Bande d'imbéciles !

7h48...Le tic-tac de ma montre me rappelle que j'ai aujourd'hui 30 ans dont déjà neuf au service "la Gloriosa Armata Italiana" et toujours...2nde classe ! A mon âge, on est déjà Capitaine ou Colonel, si seulement, je pouvais la ramener un peu moins...

Une secousse me saisis, je sens la pression de plusieurs mains qui me hissent, je ne peux résister, on m'emmène mais c'est pour me faire honneur, je tourne la tête comme je peux et je vois mes frères d'armes qui me crient
: "Buon Compleano Gennaro !" (Bon anniversaire Gennaro)

Il y a Silvio, mon pourvoyeur, un napolitain malin comme un singe et aussi souple que le petit mammifère, Carlo, mon pointeur, un peu plus réservé, qui vient de Rome. Ca, c'est la squadra "Folgore", (Foudre) mia squadra !

Il y a l'autre équipe, composée aussi de trois hommes, l'équipe "Vittoria" (Victoire) avec Fabio de Milan, Mario de Lugano et Luciano de Trévise.
Une saine stimulation règne entre nous, "l'équipe du Nord" (de l'Italie) est disciplinée et rapide par contre, ils manquent un peu de souplesse. Nous, on est un peu moins discipliné mais on ferait tout pour être plus efficaces qu'eux, quitte à dérègler leurs instruments de visée et oui, on est comme ça, les gars du Sud ! L'intelligence vaut plus que la Force !

En tous cas, tous des gaillards entre 19 et 25 ans, mon surnom est "babbo" (papa) car, malgré le fait que certains ont un peu plus de grade, je suis "l'ancien", celui qui a connu le feu et je devine que là où nous allons, ce ne sera pas une partie de plaisir, il n'y a qu'à ouvrir un livre d'histoire pour s'en rendre compte mais la propagande, elle, soutient le contraire...(bien sûr)

Les cours de latin et de grec me reviennent en tête, cela facilitera nos relations avec les autochtones (peut-être ?) !
Je n'ai plus le temps de m'attarder sur mes pensées que mes coéquipiers me font sauter entre leurs bras solides. Je me sens comme un espadon de Sicile pris dans un filet souple, je m'élève à deux mètres au-dessus d'eux et me ressoulèvent en me chahutant, la tête me tourne...Je proteste mollement mais rien n'y fait !

Après quelques minutes, les hommes me redescendent et font tourner une bouteille d'Asti, chipée au mess. Silvio mime un ennemi imaginaire et pointe la bouteille vers le large, Carlo se prend aussitôt au jeu :


- Sous-marin Britannique en vue ! Canon chargé prêt à tirer !

- Hausse +5°, azimut 0...Feu !

Le "plop" du bouchon trahit ce moment festif, le projectile de liège décrit une courbe gracieuse vers la surface azur, quand l'"obus" touche celle-ci, les hommes s'exclament :
- Coup au but pour la "Folgore" !, encore une victoire à inscrire à son palmarès !

Nous rions de bon coeur et saisissons cette opportunité de légèreté avant la pesanteur des combats à venir. On me tend la bouteille ruisselante et j'en prends une rasade, le liquide spiritueux se répand sur les contours de ma bouche et de mon bouc, me rappellant la douceur des jours de fête quand papa découpait le panettone recouvert de sucre glace, fourré de crème et de raisins parfumés.

Une voix empreinte d'autorité nous interpelle soudain :

- A quelle occasion, buvons-nous, soldato...?

Je me repris en le saluant...
Soldato Gennaro Larusso, détaché auprès du Capitaine Corelli. J'avais l'air un peu c... face à cet officier de mon âge, à la coupe impeccable.

- C'est mon anniversaire, Mon Capitaine, les hommes ont voulu...


Il m'interrompit :
- Alors Soldat Gennaro, à la vôtre ! Il prit une bonne lampée à son tour et la fit ensuite passer, nous, hommes du rang, nous ne savions pas quoi faire...Puis aussi étrange que cela paraisse, il reprit la parole :
- Eh bien, un anniversaire sans musique est un bien triste anniversaire, il siffla entre ses lèvres et plusieurs hommes vinrent le rejoindre, ils se disposèrent sur deux rangs puis le Capitaine se mit à battre la mesure. Ragazzi ! uno, due e tre... Ils entamèrent un chant, le Capitaine se tourna et me fit un clin d'oeil...Ils chantaient pour moi !

La situation était comme dans un rêve, quel type d'homme était-ce pour créer quelque chose de si merveilleux au milieu de cette boucherie à venir ?? Si j'étais une femme, je crois que j'aurai eu le coup de foudre pour une telle personne mais dans mon coeur d'homme, je me disais que s'il était capable de faire naître une telle magie en temps de guerre, il était bien capable de faire plus, en temps de paix.

C'était mon anniversaire et cet homme me fit oublier que j'étais loin de la maison, loin de mon foyer, sans mes parents...face au bleu-azur de la Méditerranée. Le soleil dardait ses rayons illuminant la côte Grecque, nous faisant découvrir les modestes habitations, sur fond ocre, clairsemées au milieu des tâches vert-argent des oliviers, ironie du sort...c'est comme si nous n'avions quitté jamais notre sol natal...

A suivre...
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Gennaro Larusso
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MessageSujet: Re: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Jeu 30 Juil - 9:18

Au fur et à mesure que nous nous approchions de la côte, nos préparatifs furent fébriles et très vite, l'entraînement repris le dessus même si l'effet de l'alcool combiné au soleil et à la chaleur, rendaient mes gestes un peu lourds.

L'action me fit le plus grand bien, d'autant plus que le vent s'était levé et me dégrisait plus rapidement que prévu...Le tangage rendit malade Silvio qui fit passer par-dessus bord, le petit déjeuner du matin, nos bonnes vieilles rations, faites de pain (plus ou moins tendre), de mortadella et de fromage, encore frais !

Je tâchais de faire au plus vite pour débarquer le plus dignement possible et encourageais mes gars en même temps. Il fallait quand même qu'on montre aux Grecs et à nos alliés Germaniques, qu'on étaient de taille, nous aussi, un peu de fierté n'a jamais fait de mal, après tout...

Les trois bateaux de transport approchèrent au maximum de la plage, les hommes descendirent par les grands canots, nous allions prendre possession d'une des plus grandes plages de l'île, je n'en connaissais pas le nom mais sa beauté me marqua l'esprit au fer rouge.



Je commençais à regretter les rivages inhospitaliers de l'Ethiopie, au moins là-bas, on ne se laissait pas distraire par la magie du lieu tandis qu'ici...
Dio mio, com'è bello ! Allez Gennaro, ne te ramollis pas, daï avanti !

Quand je mis pied à terre, mon regard plongea vers ce bleu-vert hynotisant dont le fond était tapissé de galets blancs mais notre débarquement et notre sécurité redeviennent ma priorité, je repère les points les plus hauts qui feraient de bonnes positions de tir.
Déjà les gars du génie sortent les pelles et les pioches et s'affairent à nous creuser des positions de combat, bref la routine...

Plus haut, je vois des enfants qui rebroussent chemin en nous voyant, poussant leurs troupeaux de moutons, je ne sais pas ce qu'ils disent mais je me doute qu'ils vont prévenir leurs parents, notre venue est d'ors et déjà signalée.

Nous avons eu la chance d'avoir été doté du canon 90/53 modèle "C" (comme camion) qui peut aussi servir de pièce anti-aérienne, le plus dur à été de gagner notre position, avec ces fichus chemins destinés aux chèvres, par endroits, c'était plutôt étroit !

Avec la squadra, nous renforçons le camouflage de l'engin en coupant des buissons. Les munitions sont suffisantes pour l'instant.

Nous terminons notre tâche en sueur puis le sifflet du rassemblement sonne, on nous invite à redescendre (à pied, ça va mieux) jusqu'au centre du futur camp. Nous nous disposons en rangs serrés, le silence règne jusqu'à ce que le plus haut gradé prenne la parole :


- Mesdemoiselles, ne vous y trompez pas, nous sommes en territoire ennemi ! Les Grecs sont nos adversaires au même titre que les Britanniques ! Nous sommes ici pour rendre possible l'ambition du Duce, faire renaître l'Empire Italien, de Gibraltar jusqu'au Bosphore. Nous allons nous rendre au centre ville d'Argostoli et exiger la reddition des autorités locales sur le champ.

Après ce bref discours, les subordonnés transmirent leurs instructions par ordres, intimant la formation de colonnes de marche et dans un léger nuage de poussière, nous progressâmes sans problème jusqu'en ville. Les volets des maisons se fermèrent à notre passage, des vieux crachèrent à nos pieds mais par respect, nous n'en tinrent pas compte, nous étions chez eux après tout.

>Direction la place du centre ville d'Argostoli
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MessageSujet: Re: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Ven 31 Juil - 17:28

Nous parcourons la route qui nous mène en ville, les maisons ne comportent qu'un étage, leurs murs sont ocres aux toits de tuile. Nous avons du marcher jusque là, je suis sûr et certain que les Allemands, eux, seraient venus motorisés, ça impressionne plus !

Quand à nous, nous suons à grosses gouttes sous nos casques, l'ombre des oliviers puis des maisons est la bienvenue. Après une demi-heure, nous parvenons à la place centrale, seuls les vieux sont sur le perron de leur maison, nous regardant de coin...tout est mort, désert.

Face à nous, ce qui semble être le bâtiment officiel le plus important que l'on ait vu jusque là, de style néo-classique, propre, de couleur beige. Le drapeau héllénique y flotte encore (sans doute une provocation de leur part). Le colonel envoie notre capitaine pour que le maire et son conseil nous remettent les pleins pouvoirs.

Celui-ci frappe à la porte de la mairie, quelques secondes s'écoulent puis celle-ci s'entr'ouvre, je ne vois qu'une main qui tend un papier au capitaine...Celui-ci reste sans réponse durant quelques secondes, le colonel lui ordonne de lui dire ce qui est écrit sur le billet.

Le suspense continue...
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MessageSujet: Re: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Sam 8 Aoû - 15:26

Le Capitaine Corelli hésite un peu puis annonça :

- Αλλεζ υους φαιρε υοιρ ! Allez vous faire voir !

Il transmet le billet au Colonel qui déchire celui-ci méthodiquement. La porte s'ouvre de nouveau et une main s'agite, tenant à son extrémité un autre billet. Le Capitaine traduit et lit de nouveau le contenu :

- Νους νε νους ρενδρονς πας ά υνε αρμέε κυε νους αυονς υαινκυ
- Νους υουλονς νους ρενδρε ά υν οφφικιερ Αλλεμανδ

- Nous ne voulons pas nous rendre à une armée que nous avons vaincu
- Nous ne voulons nous rendre qu'à un officier Allemand !


Le Colonel alors finit par se fâcher : - Allez me chercher un officier Allemand, sbrigatevi ! (dépêchez-vous !)

Encore une humiliation à inscrire à notre compte, pensais-je. J'avais l'impression depuis le début que nous tenions le mauvais rôle, jusqu'où cela nous mènerait-il ? J'avais besoin de repères...Peut-être irais-je faire un tour à l'église pour prier et méditer le sens de ce "casino" (bord..)

Un des radios avec nous se met en rapport avec les troupes du camp de base et moins de 15 mn + tard, une voiture arrive sur place, emmenant le Colonel et le Capitaine à la recherche d'un officier germanique. J'entends le Colonel annoncer : - Allons à Lixouri !

La voiture démarre en trombe effrayant quelques volailles au passage. Une fois, le Colonel et le Capitaine partis, nous nous réfugions tous à l'ombre, certains prennent position mais aucune opposition sérieuse ne se manifeste.

Je me rends à l'église du coin, petite mais fraîche à l'intérieur (comme chez nous) à part qu'ils sont orthodoxes ici. Elle est déserte de fidèles à part un vieux prêtre...pope ? Comme ils disent ici, je me dirige vers lui et par respect, j'enlève mon casque et bredouille quelques mots en Grec.

- Ego Gennaro Larusso

- Bonjour mon fils...Je sais parler Italien.

- Ah...Bonjour Mon Père...Quand on est arrivé, on n'a vu quasiment personne, où sont-ils tous passé ?

- Avant vous, les Allemands sont venus, ils se sont installés à Lixouri. Ils ont été très durs, dynamité des maisons, défoncés nos barques de pêche et déporté la plupart des hommes valides, quand on a vu votre bateau, on s'est tous cachés croyant que c'étaient eux ! Nous, Grecs, nous n'aimons pas qu'une autre Nation nous envahisse et nous occupe mais entre deux maux, nous préférons le moindre !

Je sentais une certaine colère monter mais je ne pouvais rien dire, je ne sais pas comment le vieux pope s'en aperçu, sans doute étais-je rouge de honte, il me dit :

- Italiani e Grecchi, una razza, una faccia (Italiens, et Grecs, une même race, un même visage)

Cela me réconforta et me soulagea en partie, je remis mon casque et le saluait en m'agenouillant. Il posa ses mains sur moi puis me laissa partir.

Arrivé près de la porte, je sortis un billet que j'insérais dans la fente du mur pour les oboles. Quittant la fraîcheur des lieux, je savais ce que j'allais faire...
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MessageSujet: Re: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Mar 11 Aoû - 10:04

En cette première journée d'occupation, nous passâmes les trois premières heures livrés à nous-mêmes. Heureusement que la discipline maintenait entre nous l'esprit de corps et de solidarité.

Nous nous occupâmes comme nous le pouvions, recensant les meilleures maisons à prendre pour l'Etat-major en attendant de pouvoir entrer dans la mairie locale, pour quadriller la ville, nous nous dispersâmes...Celle-ci était d'importance mineure, découpée en quartiers distincts.

Le plus haut gradé, un sergent, répartit les hommes en 10 groupes de trente et nous envoya à l'exploration de la ville. Il nous fallut quand même deux bonnes heures pour que chaque groupe quadrille sa zone.

Une fois, que le central téléphonique fut investi, il nous fut plus facile de nous entretenir avec le gros de la troupe et transmettions nos rapports.

Pour ma part, je suggérais au Sergent une idée pour améliorer l'ordinaire, je lui fis part que nos Alliés avaient été très rudes avec la population et que si nous désirions améliorer les choses, il était aussi de notre devoir de ne pas excéder les civils, car après tout, si tout se passe bien pour tous, les premiers à en percevoir les bénéfices seraient les gradés, car on les féliciteraient les premiers, non ?

Je jouais sur son égo, je sentais que mon idée le séduisait.

- Et de quoi s'agit-il plus précisémment ? Me répondit-il
- Eh bien, de nous fournir en poisson frais grâce aux pêcheurs locaux.
- Croyez-vous qu'ils iront pêcher pour nous ? Vous rêvez, Larusso ! Nous sommes leurs ennemis et ils nous ont humiliés sur la grand'place, vous y étiez !
- Bien sûr, mais voyez cela comme une opération de propagande Sergent ! La Glorieuse Armée Italienne qui vient au secours des civils Grecs alors que leur gouvernement ne peut les aider.
- Nous, nous avons des gars du Génie, on répare les barques que les Allemands ont défoncés et on prend une partie de la pêche pour le ravitaillement ainsi l'honneur est sauf.

Il réfléchit entre ses moustaches puis me dit : Accordé ! Mais pas question de dire sur tous les toits que ce sont nos Alliés qui ont fait des dégâts ! C'est clair ? Et connaissant les Grecs...Si tu les fais travailler pour nous, ce sera un bon point à mettre dans ton dossier mais je te souhaite bon courage ! Je fais le pari que tu n'y arriveras pas !

Il sort un billet de 5000 Lires et me le montre. Il est pour toi, si d'ici demain midi, le cuisinier me fait un steak de "Pesce Spada" (Espadon) au citron et à l'huile d'olive !

Je le saluais impeccablement puis j'entendis au loin une voiture et les sentinelles qui crient :

- Le Colonel revient avec le Capitaine et un officier Allemand !

Très vite tout le monde reprend sa place et forment les rangs, le Sergent me sussure juste derrière moi :
- Gennaro, n'oublie pas mon espadon !
- Et vous Sergent, mes 5000 Lires !

La voiture s'arrête dans un crissement de freins, nous sommes tous comme des statues et sans prêter un regard vers nous, les passagers de la voiture descendent et vont frapper à la porte de la mairie.

Cette fois, les occupants en sorte, tous habillés en costume noir et chemise blanche, salués par l'officier Allemand. Des documents lui sont remis ainsi que de lourdes clés. Les civils quittent les lieux et se dirigent vers le "Kaphénio" (café) non loin, leur rôle est terminé.

L'officier s'entretient avec le Colonel qui garde une mine sérieuse, l'Allemand est plutôt détendu, ravi intérieurement de voir que l'Armée du Reich et son autorité comptent plus que la nôtre alors que nous sommes plus nombreux.

Il finit par prendre congé et est reconduit par le Capitaine Corelli jusqu'à Lixouri. Après son départ, le Sergent demande à être entendu par le Colonel.

A suivre...
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MessageSujet: Re: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Mer 12 Aoû - 6:44

Le Sergent, devant la mine du Colonel, passe quand même à l'acte. Je n'entends pas ce qu'ils disent mais je vois le Sergent qui argumente, de la voix et par gestes.

Le Colonel écoute attentivement, la mine sévère...ça se passe mal, pense-je. Cette attente est insupportable, on reste plantés là et on fait de magnifiques cibles pour un tireur isolé, puis, les deux hommes repassent devant mon champ visuel, toujours en entretien. Cette fois-ci, le Colonel passe sa main sur son menton, il réfléchit...Pèse le pour et le contre et finit par se décider !

Le Sergent le remercie et le salue de manière réglementaire puis se dirige vers moi.

- Larusso ! J'ai arrangé le coup avec le Colonel, à mon avis, tu t'es fourré dans un bel "pasticcio" (pétrin) car je lui ai promis un beau steak d'espadon pour demain midi !

Je me mordis les lèvres, j'avais deux "clients" à satisfaire et j'acquiésçais de la tête au Sergent...D'habitude, je comptais sur Silvio mais là, on n'était pas au pays alors, j'eus une idée : le prêtre !

Quand nous pûmes nous disperser enfin, j'emmenais Silvio et Carlo avec moi, jusqu'à l'église. En chemin, je dis à Silvio :
- Je vais faire un marché avec le prêtre d'ici, il va parler pour nous aux pêcheurs du coin (s'il en reste) pour qu'ils pêchent pour nous et en échange, on leur répare leurs barques avec les gars du Génie.
Silvio ne chercha pas à discuter tant il avait l'habitude de mes "combinazioni" (magouilles) mais en général, il n'avait jamais à s'en plaindre au contraire !

Arrivés à l'église, j'entrais à nouveau avec Carlo, le prêtre me reconnut de suite :
- Ah, c'est encore vous ?
- Oui...Nous avons besoin de votre aide !
- Et...que puis-je faire ?
- Ce que vous m'avez dit tout à l'heure m'a touché et j'ai pensé qu'on pouvait réparer vos barques, on a du matériel, des outils...Vous avez sûrement le bois necessaire !

Il m'arrêta de la main :
- Les gens d'ici sont humbles, pauvres mais fiers et vous aurez du mal à les convaincre malgré votre bonne volonté ! Il réfléchit...- Vous voulez que je parle pour vous ? J'hochais de la tête pour lui dire "oui"

- Faites alors un geste en plus, fournissez-nous ce qui nous manque...Des médicaments par exemple, un médecin...Le nôtre est en dehors de la ville mais je pense qu'il sera ravi d'avoir des fournitures. En échange, je parlerais aux pêcheurs.

Je repris la parole :
- Mon Père, pour les pêcheurs, nous prélèverons la moitié de leur journée de pêche pour nourrir le camp.
- Poissons contre médicaments et barques réparées, c'est un marché honnête, entre deux maux, il faut choisir le moindre. répliqua-t-il
- Je mobilise mes "ingeniere" et on s'y met de suite ! répondis-je ! Je lui cachais que j'avais une obligation de résultat !

Quand nous fûmes arrivés au camp après 20 minutes de marche, je mis une tenue de travail puis je mobilisais les sapeurs disponibles :
- Eh ragazzi, qui veut manger du poisson frais demain midi "com'è a casa sua" (comme à la maison) ?

En tout Italien qui se respecte, un épicurien sommeille, très vite, je réunissais un peloton avec leurs outils puis les emmenais au port. J'y trouvais le prêtre qui discutait "sec" avec certains pêcheurs qui s'étaient enfin montrés ! Certains crachèrent par terre en nous voyant, un groupe de douze autochtones étaient là. Un quart refusa, l'autre accepta...

Une étrange chose arriva par ce travail en commun, une relation bizarre était en train d'éclore entre les représentants de deux Nations ennemies, laissant se répandre en nous une satisfaction certaine quand les barques furent réparées à l'orée du soir.

Nous n'avions rien vu autour mais cette activité laborieuse rassembla la plupart des villageois sur le port, curieux de voir une armée d'occupation agir ainsi, leur permettant d'améliorer leur quotidien.

Nos mains serrèrent celles des marins Grecs. Des hommes mûrs (les jeunes étant mobilisés ou réfugiés Dieu sait où), aux mains robustes et adroites et malgré la barrière de la langue, un lien fragile s'était établi. Quelques exclamations surgirent de la foule quand les embarcations prirent la mer, au clair de lune, se préparant pour la pêche à venir.

Sous la surveillance discrète de nos patrouilles, les pêcheurs partirent à l'aube et revinrent vers le coup de 11h, leurs filets chargés. Nous prîmes notre quota et c'est ainsi qu'à midi tapante, une douce odeur de poisson grillé vint chatouiller les narines de l'Etat-Major et ravir son palais et celui de la troupe ! Le chef-cuisinier Guido fut applaudi car cela nous changeait de nos rations militaires, le Sergent fut promu Sergent-Chef et moi...J'arrondissais ma solde muni de 5000 lires de plus.

Je partageais le butin avec mes comparses (1000 lires chacun), il m'en restait 2000, repensant au prêtre, je filais discrètement vers l'intendance. Je n'eus aucun mal à convaincre le responsable contre une belle image assortie de 4 chiffres de me fournir des médicaments. Silvio m'avait suivi, tant pis pour lui, il se chargerait du transport jusqu'à l'église.

Arrivés là-bas, personne ! Je n'avais plus le temps d'attendre, je laissais le colis dans un recoin discret puis nous rejoignâmes nos compagnons à leur poste en attendant la relève.

Ce que ne savais pas Gennaro, c'est que le prêtre l'aperçut à travers une fente du tissu qui recouvrait la partie sacrée de l'édifice où seul lui se rendait. Le vieil homme sourit et pensa qu'après tout, tant que les Italiens se comporteraient ainsi, rien de fâcheux ne pouvait leur arriver.



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MessageSujet: Re: Prochaine étape : Céphalonie (Mer Ionienne)   Dim 20 Déc - 16:00

Ces premières semaines "d'occupation" ne se passèrent pas trop mal, nous n'avons eu à déplorer que quelques coups de soleil et des vols réguliers au sein de l'intendance. Je mis mes hommes sur le coup car Silvio me jura qu'il n'y était pour rien et très vite, je sus que certaines sections monnayaient nos provisions en échange de prestations charnelles des rares jeunes filles restées sur place, qui se cachaient dès que les Allemands apparaissaient !

Ce commerce du plaisir mobilisa nos énergies et firent fondre nos bourses ! La solde touchée la veille, finit par disparaître au bout de quelques jours dans les nombreuses petites maisons aux volets bleus, qui, telles des lanternes de lupanar, nous signalaient que là (confidence d'un Grec), se déroulait une bataille sans vainqueur, ni vaincu !

Etre fauché, quand on est l'"occupant" faillit faire perdre leur sang-froid à certains quand ils ne voulaient pas payer leurs consommations dans les "kafeneio" (cafés) mais aussi vite les échauffourées débutaient, aussi vite, elles se terminaient car de nombreux témoins, de part et d'autre, calmaient le jeu. Tout le monde s'arrangeait de cette sorte de "non-belligérance".

Faute d'activité guerrière, avec d'autres sections, nous organisions des matchs de football et autres compétitions sportives, notamment de plongée en apnée avec les locaux et ils se débrouillaient plutôt bien les bougres mais nous aussi ! C'est avec les Allemands que nous devions composer, au fil du temps, des frictions de plus en plus régulières se faisaient jour et cela entraînait parfois de sanglantes bagarres même jusqu'à certains de nos officiers s'en sont mêlés pour arrêter des pillages injustifiés ou pire...

Nous nous sentions "coincés" dans ce "mauvais rôle" où le Duce nous avait mis, nous faisant ainsi complices de ces voyous en uniforme mais tant que les choses étaient ainsi établies, nous ne pouvions rien faire d'autre (d'officiel). Quand certains insulaires se plaignaient que les Germains leur avaient trop pris, j'avais décidé de prendre les "choses en main" et d'organiser un raid dans leurs provisions pour réequilibrer le score, le prêtre nous servit d'intermédiaire et lors des confessions, il faisait la distribution de nos larcins, nous, nous avions de quoi et nous ne voulions pas toucher aux vivres saisies, seuls les médicaments qui nous faisaient défaut furent conservés.

D'ailleurs, les paysans et pêcheurs locaux ne nous oubliaient pas non plus, partageant leurs ressources, notamment en vivres fraîches. On les aidait à la récolte, aux moissons ou bien à pêcher à la grenade, c'était festif en somme !

Nous pûmes, à force d'intelligence et de ruse, dominer un "allié" qui n'avait finalement, pour nous, que dédain, voir du mépris pour certains d'entre eux, heureusement pas tous ! Le plus beau coup d'éclat fut de piquer le registre de leurs stocks et d'en faire une copie manuscrite. Cela eu lieu lors d'une rencontre sportive, ils étaient bien trop occupés à marquer des buts, faut dire, on les a laissé faire, histoire de les laisser croire qu'ils étaient vainqueurs sur tous les plans !

A en croire les chiffres, ils ne manquaient de rien et figuraient aussi les stocks pris sur l'habitant. Des milliers de litres d'huile d'olive, de lait, cuir, fromage, agrumes, fruits et légumes partaient engraisser les teutons mais le plus important à mémoriser étaient leurs stocks de munitions, carburant et vivres.

Je chargeai mes compagnons de mémoriser un lieu, je prendrais celui des munitions, Silvio se chargea des vivres et Gino, celui du carburant, cela nous serait sûrement utile...plus tard.
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